Le Rhône : Résurrection d’un fleuve

Par Vincent ALEXANDRE • 29 oct, 2009 • Catégorie: Session, Sortie

Ce n’est un secret pour personne, depuis quelques années, en partie suite à l’interdiction de consommer les poissons, le Rhône est devenu un fleuve d’une richesse halieutique hors du commun. En l’espace de quelques années seulement, les carnassiers sont revenus en force à tel point que même les amateurs de voyages de pêche pourraient commencer à s’intéresser à la France. En effet, nul besoin de le cacher mais depuis ce fameux arrêté préfectoral interdisant la consommation des poissons les prises de brochets métrés, les grosses pêches de sandres et de perches sont redevenus fréquentes. Au nord de Lyon, ce sont les zones à brochets qui sont les plus réputées alors qu’au sud les amoureux de perches, de sandres ou de silures pourront y battre des records. Tout au long de la vallée du Rhône, le fleuve est découpé en biefs, ceux que nous affectionnons particulièrement commence à partir de VIENNE en passant par CONDRIEU et serpentes jusqu’à PORTES LES VALENCE. Il est d’ailleurs surprenant que ces petits paradis pour les pêcheurs de carnassier ne soient pas plus fréquentés ! Souvent le fleuve vous appartient et à part quelques rares pêcheurs de silures, vous ne croiserez que très peu d’embarcations. Pourtant, cet incroyable potentiel halieutique tend les bras à ceux qui sauront remettre leurs prises à l’eau. Pour nous la question ne se pose même pas, nous ne gardons que l’essentiel : Le plaisir de la pêche.


Le Rhône, paradis des pêcheurs

Bien équipé pour mieux pêcher

La difficulté de tous les grands fleuves concerne l’équipement important qui est souvent nécessaire pour réaliser de véritables cartons. En effet, il n’est pas rare que les carnassiers soient postés loin de la berge, hors d’atteinte pour les pêcheurs du bord. Non seulement une bonne embarcation sera une aide très précieuse mais il faudra penser aussi à s’équiper d’un échosondeur digne de ce nom. Pour notre part nous sommes plutôt privilégié, notre embarcation est équipée de ce qui ce fait de mieux en terme de détection de structures et des poissons, le fameux HUMMINBIRD Side Imaging est donc notre meilleur allié, il nous permet à la fois de gagner énormément de temps mais aussi avec l’expérience à discerner les différents type de carnassiers. La différenciation, se fait en fonction de la forme des échos, plus ou moins allongés pour les sandres, plus compact en bancs serrés pour les perches ou alors simplement énormes lorsque vous passer au dessus d’un silure. La différenciation des poissons n’a rien de magique, elle s’acquiert avec le temps et l’expérience, elle est le résultat des nombreuses confirmations que nous avons pu avoir en cours de pêche. Les quelques captures d’écran ci-dessous sont suffisamment explicites.


Banc de sandres couvrant le fond


Banc de sandres et perches mélangés en chasse


Banc de sandres sous un silure

De nombreux spots et de nombreuses espèces

Une fois bien équipé, et avec quelques connaissances minimum sur les échos de votre écran vous allez enfin pouvoir vous régaler. Sur le Rhône, les spots tout comme les poissons ne manquent pas et ils sont souvent facile à localiser : piles de ponts, arbres immergés, fosses, cassures. Un rapide passage au sondeur vous confirmera la présence ou non, des perches, des silures ainsi que des sandres pour peu qu’ils soient légèrement décollés du fond. En effet les sandres ont parfois le don d’être invisibles lorsqu’ils sont tapis au fond. Les techniques qui fonctionnent bien sont très diverses mais dépendent souvent de la saison. En général lorsque nous recherchons les percidés, nous abordons le Rhône au leurre souple en lancer ramener et en vertical mais parfois ça peut être le jigging qui l’emporte. Il nous arrive également de craquer et de dégainer un petit crank ou un popper près des piles de pont ou sur les bordures afin de mettre quelques gros chevesnes à notre pêche du jour. Sur le fleuve les chevesnes sont très gros et teigneux, ils refusent rarement un petit leurre dur bien flashy qui leur passe sous le museau.


Un specimen de chevesne comme celui ci vous donnera du fil à retordre


Les chevesnes sont l’occasion de pêcher aux leurres durs

Les silures quant à eux, bien qu’ils ne soient pas notre espèce de prédilection, nous donnent souvent du fil à retordre sur nos cannes beaucoup trop légères. En effet, sans les rechercher spécifiquement et en pêchant les percidés, il est difficile de les éviter. Certainement que notre approche avec de petits leurres et des montages fins y est pour quelque chose. Le revers de la médaille c’est que nous ne sortons que les plus petits sujets, la plupart des monstres que nous avons touchés, réussirent à nous casser après parfois plus de ¾ d’heure de combat montre en main. Ce petit spécimen d’1,70m est en général la limite que nous ne franchissons pas !


Les nombreux silures du Rhône sont difficile à éviter…


Parfois les sandres du Rhône ont des moustaches !

Gros sandres et grosses perches

Concernant les gros sandres et les grosses perches, il faut parfois aller les chercher relativement profond. Sur le bief de Portes les Valence, nous avons capturés des poissons de plus de 90cm. Du côté de Condrieu les prises sont régulières mais nous n’avons pas encore fait de très gros. Le bief de Vienne présente également une très belle population. Il n’est pas rare que ces percidés soient positionnés à plus de 10 mètres de profondeur et, à ce moment là la pêche est plus risquée. En effet, parfois les percidés qui remontent de plus de 8 ou 9 mètres peuvent présenter des troubles de décompression. A ce moment là, si nous voyons que les poissons ont du mal à repartir après les avoir remis à l’eau, il est préférable de quitter le poste et aller trouver d’autres poissons moins profonds.


Lorsque les yeux du sandre sont exorbités ils faut vite le remettre à l’eau et changer de poste


un sandre de taille moyenne pour le Rhône

Les percidés supportent mal d’être remontés de trop profond, celui-ci en présente les symptômes, yeux gonflés et vessie natatoire dilatée. Il faut le remettre à l’eau très rapidement en le faisant tomber de haut, tête en avant, de cette façon le poisson pourra rejoindre les profondeurs avec plus de facilité.

Du côté des perches vous aurez également toutes les chances de battre des records si vous savez trouver les grosses. Que ce soit à Valence ou à Condrieu vous pouvez prendre ces fameuses « tatanes ». Pour notre part, nous avons réussit à capturer des spécimens allant jusqu’à 45 cm, mais il nous est arrivé de décrocher plus gros !


Belle perche typique du Rhône


Sur le Rhône les grosses perches ne sont pas solitaires

C’est vraiment étrange et l’on se demande pourquoi les pêcheurs aux leurres en bateau sont si rares sur le Rhône. Ce fleuve est vraiment à découvrir ou à redécouvrir, c’est le plus grand espace no-kill de France et à chaque sortie vous risquerez certainement de battre votre record, quelques soient les espèces que vous pêcherez. N’attendez pas que la consommation des poissons soit à nouveau autorisée, d’ici là les stocks de poissons risques encore une fois d’être pillés et les perches décimées faute d’une taille minimum pour les protéger. Et puis dans mes rêves les plus fous je ne peux m’empêcher d’imaginer un Rhône à la fois dépollué de ces satanés PCB mais aussi dépollué de tous ceux qui tuent sans limite et sans jamais préserver les ressources que nous offre la nature. Ce jour là, les prises de sandres métrés et les perches de plus de 50cm seront alors fréquentes. Hélas, dès que la qualité de l’eau sera redevenue saine, nous pouvons nous attendre à une nouvelle éradication des poissons carnassiers par des pêcheurs professionnels ou des pêcheurs de loisir sans scrupules. La surpêche n’est malheureusement pas qu’un problème cantonné aux mers ou aux océans, n’attendez donc pas qu’il soit trop tard pour découvrir ce paradis.

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Vincent ALEXANDRE est compétiteur sponsorisé par Rod&Pod, HUMMINBIRD et MINN KOTA, concepteur de leurres chez BIWAA Fishing Performance. Vainqueur du classement brochet AFCPL 2008. Spécialiste en conception et sourcing de produits pêche en asie.
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9 Réponses »

  1. Salut Vincent,
    Sympa ton article sur le Rhône, ça fait envie d’ y venir faire un tour.
    @+
    Franck

  2. et bien n’hésite surtout pas, ce fleuve est en passe de redevenir ce qu’il a été il y a bien longtemps… ce que l’on trouve encore aujourd’hui en Irlande ou en Norvège et j’en suis sur la transformation n’est pas fini.
    La seule crainte que nous avons tous, c’est le retour à la “normal” plus de PCB dans le fleuve et ce sera le retour de l’éradication des poissons par les pêcheurs à la ligne et les pros…

  3. Bonsoir Vincent,

    Super ton article, promis je ferais un tour pour les perches mais du bord, peux tu m’indiquer vers quels
    endroit me diriger .

    Cordialement,

    Patrice YEPEZ

  4. Salut,

    Nous avons fait des pêches en bateau sur ce bief et les perches se trouvaient soient vers des piles de pont, soit dans un arbre immergé dans 12m de fond. Ces 2 endroits sont clairement inaccessibles du bord donc désolé mais nous ne pouvons pas t’aiguiller.

    A+

  5. salut Yepez
    Comme te le dit Waraw difficile de répondre comme ça surtout si tu pêche du bord, nous n’avons pas la même approche et bien sûr cela va dépendre de la saison. cela dit les perches restent les mêmes qu’ailleurs, elles affectionnent les obstacles tels que les arbres immergés ou les piles de ponts. Parfois elles montent également sur les hauts fonds autour des herbiers, à ce moment là tu peux facilement les faire monter sur un stick bait ou sur un popper. Pour notre part en règle générale nous les cherchons plutôt en profondeur, entre 5 et 12 mètres en jigging ou au leurre souple, verticale et lancé/ramené. Du bord si cela est possible essaie en priorité les piles de pont.

  6. C’est pas demain que vous mangerez des poissons sains issus du Rhône car la durée de vie du PCB, qui ne sera jamais je dis bien jamais retiré du Rhône, est de l’ordre de plusieurs centaines d’années donc bonne pêche

  7. super résumer de l’énorme potentiel de lyon !!!!!!

  8. Et bien, après lecture de ce superbe compte-rendu, il ne reste plus qu’à espérer que la Seine, la Loire, la Garonne, et tous les autres fleuves et grandes rivières de France soient truffés de PCB, afin que vous puissiez satisfaire votre égo, à savoir l’essentiel, ce que vous appelez “le plaisir de la pêche”. Vous pourrez ainsi plier du carbone à tout va, qu’importe si c’est dans une rivière où le fond est tapissé au pyralène cancérigène pour des décennies…
    Vous donnez une bien triste image de la pêche et de son avenir… il est même consternant de lire de pareilles inepties.
    “Profitons-en, il y a du PCB, c’est le plus grand no kill de France !”
    Bravo !

  9. Bonjour,
    dites moi que se n’est pas vrai, vous pensez vraiment que le Rhône redeviens comme avant? Je n’arrive pas a suivre votre raisonnement

    le pétsu

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